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République centrafricaine : "le sport paralympique est vecteur de changement"

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Tristant Gael lors des qualifications en Tunisie
Crédit Photo : Fédération Centrafricaine d’Athlétisme

Victime d’une injection mal administrée depuis la classe de CE1 qui a impacté les nerfs de son pied droit, Tristan Gael vient de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo en Tunisie. Ce natif des Castors, un quartier pauvre de Bangui, compte écrire son nom dans les annales des grandes figures mondiales, en décrochant une distinction à seulement 26 ans.

Ses débuts

Comme tous les jeunes passionnés de la balle ronde au pied à l’image de Diego Maradona, Lionel Messi, Tristan a connu un gout pour le football. C’est en jouant avec les valides que Fréderick Tanga, instructeur physique, l’a repéré : « Il manipulait la balle avec une telle énergie que l’on se doutait de son handicap. A la première vue, j’ai su qu’il avait quelque chose d’unique et qui pouvait faire de lui un grand homme », motive-t-il.

Il va intégrer la fédération Paralympique en 2008 en tant que joueur de Basket en fauteuil roulant et participe aux Jeux pour Personnes Handicapées au Cameroun. A son retour, il fut reconverti en athlétisme.

« Ma reconversion est conçue comme une nouvelle mission »

« A mon retour du Cameroun, les préparateurs ont décelé que je pouvais plus apporter en athlétisme qu’au basket. Quant à moi, je l’ai pris comme une nouvelle mission », ajoute le pensionnaire des Castors. Pendant les qualificatifs des Jeux de Londres à Tunis (Tunisie), il sera classifié T44 en athlétisme et F44 en lancée de poids et javelot. Tristan sera médaillé bronze pour le compte du javelot, et se qualifie pour les Jeux de Londres. Malheureusement, son ticket n’aura pas de représentant puisqu’il sera malade.

Un crack sanitaire bénéfique

Ce bémol sanitaire aura une répercussion sur sa participation aux Jeux de Rio de Janeiro (Brésil) ou il était sélectionné sur 100m et 200m. Il avoue qu’il a mal digéré cette étape mais la détermination d’arriver au bout le guidait : « J’ai été déboussolé et conscient de comprendre que mon corps n’était pas une machine. Ce moment m’a permit d’avoir du recul et un regard sur l’ensemble de ma carrière », raconte Tristan en regardant le ciel plein d’espoir.

Le retour triomphant

A son retour de convalescence, il décroche deux médailles de bronze sur le saut en hauteur et le 200m aux Jeux de la Francophonie en 2017, puis l’argent au Tournoi Mondial d’Athlétisme de Marrakech sur 200m et sur le saut en hauteur, il terminera à la 4e place.

Tristan n’a qu’un rêve : hisser les couleurs de la République Centrafricaine en décrochant l’Or à Tokyo en août prochain avec le « hiki-haka », une sorte de danse de groupe qu’il a conçu. Un ticket qu’il a récemment validé lors du 14e Meeting International de Tunis.

Elihu Jos Benam

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leopapy

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